La Caisse rochelaise d’entraide en faveur des Familles des Marins péris en mer et victimes des risques de navigation dite Caisse rochelaise d’entraide aux familles de marins péris en mer a été fondée le 5 novembre 1951 par Messieurs Fernand Castaing, Robert Frédéric, Jean-Claude Menu, armateurs, Fernand Giraudeau, patron-pêcheur artisan, Bénoni Glajean, capitaine de la marine marchande, Joseph Camenen, patron de pêche, Jean Kervevan et Jean Mahu, marins pêcheurs industriels, et Jean Perrot marin-pêcheur artisan, réunis dans le bureau et en présence de Monsieur l’administrateur en chef de 1ère classe de l’inscription maritime Hérisson, chef du quartier maritime de La Rochelle.
M. Fernand Castaing a été élu Président, M. Simon Gaury lui a succédé de 1961 à 1981 et, depuis cette date, M. Jean-Claude Menu assure la présidence.
Les statuts, approuvés le 16 octobre 1951 par les différentes organisations professionnelles, ont été définitivement entérinés le 5 novembre 1951. Ils ont été modifiés le 5 décembre 1961 et à nouveau le 31 juillet 1987.
La Caisse est une association régie par la loi du 1 er juillet 1901, déclarée le 20 juin 1952 (J.O. du 5 juillet 1952, page 6776).
La Caisse est membre du conseil d’administration du Comité national d’entraide aux familles de marins-pêcheurs péris en mer, association loi de 1901, fondée le 1er octobre 1949, placée sous le haut-patronage du Ministre chargé de la Mer et sous le contrôle du Comité national des pêches maritimes
REVUE DE LA SAINTONGE ET DE L’AUNIS (TOME XX - 1994)
La Société de secours mutuels des marins de la Flotte-en-Ré au XIXe siècle
Les paysans de la mer
L’ouverture du pont de l’île de Ré, en ouvrant les vannes au flot estival des vacanciers, a définitivement tourné la page d’une relation exclusive entre les îliens et l’océan. La vocation touristique désormais affirmé de l’île tend à laisser dans l’oubli l’histoire insulaire, marquée par la fréquentation quotidienne, et quelquefois douloureuse, de l’élément marin.
Au milieu du XIXe siècle, contrairement aux habitants des îles bretonnes, nombre de Rétais ne font pas profession de la mer. dans le canton d’Ars, le plus septentrional et le plus éloigné du continent, ils s’adonnent à la culture et au travail du marais-salant, rendu possible par les températures estivales les plus élevées de la côte atlantique. Les villages situés le long de la côte sauvage tournent le dos à la mer : leurs habitants cultivent la vigne, l’orge et le blé.
Un Rétais sur deux seulement est inscrit maritime : cette information pourrait suffire à nous convaincre de la vocation terrienne de cette population insulaire, si l’on oubliait que l’inscription maritime est redoutée, parce qu’elle assujettit au régime des classes, qui oblige à un service sur les navires de la Marine, en échange du versement d’une trop modeste pension de retraite. Aussi, comme les Rétais passent leur temps à déjouer les pièges que leur tend le commissaire aux classes, il est probable que les chiffres de l’inscription maritime ne reflètent pas véritablement le caractère maritime de leurs occupations.
En réalité, la mer apporte un complément nutritif et économique essentiel : ramassage des coquillages sur l’estran, pêche du poisson dans les écluses construites et exploitées de façon communautaire. Les jours de tempête, les femmes appelées "magayantes" recueillent le sart qui servira à fumer les champs. On a beau être paysan, comment ignorer la mer lorsqu’elle vous entoure de toutes parts ?
La solidarité insulaire
La côte orientale, plus échancrée que la côte sauvage, offre des mouillages sûrs, notamment dans le port de Saint-Martin, capitale de l’île. Des navires venus d’Angleterre, de Hollande ou du Danemark, y accostent pour s’y approvisionner en sel. En revanche, l’activité principale du petit port de la Flotte est la pêche : pêche côtière, au thon ou à la sardine suivant les époques, pratiquée par des marins originaires de Bretagne, de l’île d’Yeu ou de Groix, ou encore de Vendée, de Noirmoutier, sur des chaloupes de taille modeste. Les embarcations Rétaises ne sont pas armée pour la grande pêche sur les bancs d’Islande ou de Terre-Neuve.
Cette communauté de pêcheurs n’est pas complètement intégré à la population Rétaise, à cause de son origine étrangère rappelées par le nom des rues de la Flotte : rue des Sables, rue des Olonaises et par l’exercice d’une profession qui développe des sentiments et des comportements particularistes. Fatalisme et imprévoyance caractérisent les pêcheurs, qui luttent chaque jour avec la mer... et avec la mort.
Et pourtant, ce sentiment d’impuissance à déjouer les forces de la nature, tous les Rétais même ceux qui ne quittent jamais le rivage ont pu l’éprouver, puisque environ 20% du territoire de l’île se trouvent au-dessous du niveau de la mer. Sauniers, cultivateurs et vignerons redoutent les "vimères" raz de marée qui surviennent en période d’équinoxe, au moment de la pleine mer, lorsqu’un vent violent souffle vers la terre. La mer envahit alors les champs et les vignes, gâche les récoltes, et fait fondre le sel entassé sur les bosses.
Mais les Rétais ont pris l’habitude de s’organiser pour faire face aux périls venus du large, et pour déjouer l’isolement dû à l’insularité : exploitation communautaire des écluses, construction et réparation des digues, travaux agricoles exécutés collectivement. La mise en place de sociétés de secours mutuels, encouragées par un décret promulgué par Louis-Napoléon Bonaparte en 1852, s’inscrit dans cette tradition de solidarité. Dès les années 1860, dans chaque village, fonctionnent une et parfois plusieurs sociétés de secours mutualistes, qui proposent à leurs membres une indemnisation en cas de maladie ou de deuil, en échange du paiement d’une cotisation.
Dans le port de la Flotte, fonctionne une société dite philanthropique, qui recrute sans distinction de professions. On y rencontre des tonneliers, des maçons, des charpentiers..., mais pas de marins, ce qui est un comble pour un port de pêche !
Si les pêcheurs n’adhèrent pas d’emblée aux programmes mutualistes, c’est qu’ils ont avant tout la conscience aiguë de la mort, qui les guette a chaque sortie en mer. Comment, dans ces conditions, épargner pour l’avenir ? Pourquoi prévenir le risque de maladie alors qu’il apparaît comme un moindre mal à côté du risque quotidien de noyade ? Mais le pêcheur n’est pas seul au monde : son travail nourrit une famille, la plupart du temps nombreuse. Que le père de famille vienne à périr dans un naufrage, et c’est la misère pour sa veuve et ses orphelins. Car pauvre parmi les pauvres, cette communauté ne peut même pas compter, comme les autres Rétais, sur la production d’un maigre lopin de terre. Le pêcheur ne transmet d’autre patrimoine que ses filets, ou sa barque s’il est patron, mais ce patrimoine aussi disparaît lors d’un sinistre maritime.
Chaque naufrage qui endeuille le port de la Flotte augmente le nombre des indigents, qui se retrouvent tributaires de la charité publique. Or, dans les années 1860, cultivateurs et artisans de la commune sont las de faire l’aumône aux orphelins de la pêche ; cette situation les agace d’autant plus que les marins qui n’ont pas de propriété à protéger, sont peu empressés à leur "donner un coup de main", lorsqu’il s’agit de réparer les dégâts engendrés par les vimètres. La solidarité ne peut continuer à fonctionner à sens unique.
La mutualisation forcée des marins-pêcheurs
L’initiative mutualiste de la Flotte-en-Ré, qui date de 1864, n’émane pas directement de la corporation des marins-pêcheurs, mais du maire, Sibille-Lavertu, notaire, fervent catholique. Celui-ci écrit au préfet :
Les sinistres maritimes qui se sont succédé l’année dernière dans des conditions si malheureuses pour beaucoup de nos familles de pêcheurs, les pertes d’hommes et de navires que cette commune a éprouvées nous ont suggéré, à un membre du conseil municipal et à moi-même, l’idée de créer entre les marins de cette localité une société philanthropique ou plutôt de prévoyance ayant pour but de venir au secours des veuves, enfants ou ascendant de ceux d’entre eux qui décèderaient par événement de mer.
Cette association aurait aussi pour conséquence de réduire les charges de la charité publique qui, bien qu’elle ne nous ait jamais fait défaut, dans ces derniers temps surtout, pourrait enfin se lasser.
Cette idée de s’associer dans un but de prévoyance a marché vite. Nous avons profité du moment où la plupart de nos marins arrivaient de la mer, pour les réunir à la mairie et leur démontrer l’utilité de l’association. Des règlements ont été aussitôt rédigés, discutés et acceptés. Cinquante de nos marins présents, presque tous maîtres et patrons, y ont adhéré et nul doute que le nombre n’en augmentera bien vite.
La Société des marins de la Flotte se distingue des autres sociétés de secours mutuels par les prestations qu’elle propose : il ne s’agit pas ici d’apporter un secours au chef de famille en cas de maladie, mais de subvenir aux premiers besoins des femmes et enfants pères et mères des marins morts à la mer, par le versement d’un secours immédiat, et de leur attribuer ensuite une pension viagère, dont la quotité est fixée en assemblée générale. Tous les marins classés peuvent faire partie de la société, même "ceux qui naviguent en-dehors de la commune", curieuse formule pour désigner les marins au cabotage ou au long cours, qui sont d’ailleurs peu nombreux dans le port de la Flotte.
Lors de sa constitution, la société rassemble cinquante-quatre membres participants, parmi lesquels deux maîtres au cabotage, six pilotes, vingt-quatre patrons, dix-neuf matelots et trois mousse. Hormis les mousses, qui ont entre dix et quatorze ans, la majorité des adhérents ont entre trente et quarante-cinq ans.
La société est donc organisée sur un modèle corporatiste, à recrutement vertical, puisqu’elle regroupe des marins de conditions différentes.
Les maîtres au cabotage, par exemple, jouissent de revenus sensiblement plus élevés que les matelots, à tel point que dans une autre commune de l’île, un maître au cabotage peut se payer le luxe d’être membre honoraire de secours mutuel, et non membre participant. En outre, si les patrons sont plus nombreux que les simples matelots , c’est soit qu’ils comprennent mieux les avantages de l’association, soit que le paiement d’une cotisation leur impose moins de sacrifices. Notons cependant que la différence de condition entre patrons et matelots n’est pas considérable : après tout, il suffit d’être propriétaire d’une modeste barque pour être classé dans la catégorie des patrons. Les adhésions affluent dans les mois qui suivent la création de la société, mais le président se plaint des retards dans le paiement des cotisations, régularisé, il est vrai, lorsque la pêche est bonne. Les membres honoraires de la société des marins sont étrangers au monde maritime : ils sont négociants ou propriétaires. Leur contribution financière est essentielle pour la prospérité de la mutuelle, car elle ne donne pas lieu au versement de prestations.
Dans la seconde partie du XIX° siècle, l’Administration maritime cherche à organiser la mutualisation des marins dans les ports français. Aussi des personnalités témoignent-elles de l’intérêt pour l’expérience Rétaise : un an après la création de la société, le président informe l’assemblée générale de " la visite toute récente qu’il a reçue du capitaine de vaisseau commandant la station navale des côtes de l’Ouest, envoyé par son Excellence le ministre de la marine pour prendre des informations très détaillées sur l’état et la position dans laquelle se trouve la société, le nombre de ses membres, ses ressources et tout ce qui concerne l’oeuvre. Après avoir complimenté et engagé le président à poursuivre son but, ce commandant lui a donné l’assurance que le ministre serait bienveillant et utile à la société et qu’il lui porte beaucoup d’intérêt.
La société profite de ces excellentes dispositions pour demander une aide au ministre de la Marine.
La société se réunit en assemblée générale au rythme moyen de quatre fois par an. En outre, la fête patronale, qui a lieu chaque année le 29 août, jour de la Saint-Pierre, est précédée d’une messe où l’assistance des sociétaires est obligatoire. Le déroulement de la cérémonie nous est relaté dans le journal de bord de la société :
La société, que les derniers sons de la cloche appellent à l’Eglise, à l’imitation de son président, sort et va, commissaires et sous-commissaires en tête, se ranger sur le cours en deux lignes entre lesquelles se placent Monsieur le Président, accompagné de Monsieur le Maire et du vice-président, et du trésorier, accompagnés chacun de deux membres honoraires. Ainsi rangée, la société se dirige vers l’église où elle entre à 10 heures, et où elle trouve, dans le choeur, des sièges destinés aux membres présents. La messe dite, la société retourne, dans le même ordre, dans la salle de délibération de la mairie, où [...] le Président remercie tous les honoraires de leur présence, félicite les membres participants de leur bonne tenue et les engage chaque fois que la société aura l’occasion de sortir à se décorer des médailles dont la plupart sont porteurs.
La pêche avant tout
En fait, dès la première année de fonctionnement, le conseil d’administration déplore l’absentéisme des marins aux réunions, leur manque d’intérêt pour cette institution qui les concerne.
Mais comment pourraient-ils concilier des tâches administratives, ou associatives, avec l’exercice d’une activité qui les éloigne si fréquemment de leur domicile ? Les marins ne sont pas des sociétaires ordinaires : dans les autres sociétés mutualistes de l’île, artisans, sauniers ou cultivateurs se montrent particulièrement vigilants sur la gestions de leurs sociétés, qu’ils entendent bien ne pas laisser aux mains des notables. Les marins de la Flotte, eux, restent à l’écart de cette institution qui, finalement, leur a été plus ou moins imposée. Seule compte la pêche et, lorsque le moment est venu d’embarquer, rien ne peut les retenir à terre : ni la fête annuelle de la société, ni les amendes infligées aux absents. Comme le maire-fondateur connaît bien ses administrés, il presse le préfet d’approuver les statuts : "Le départ des marins devant s’effectuer prochainement pour la pêche au thon, d’ici fin juin, je viens solliciter de votre obligeance, Monsieur le Préfet, l’acceptation de notre règlement, afin que nous puissions en faire la réunion avant leur départ."
Si le bilan financier est positif au bout de deux années de fonctionnement, c’est que la société n’a pas eu à dédommager des victimes de naufrage. d’ailleurs des dispositions supplémentaires sont ajoutées aux statuts : "Tout membre blessé à bord par un accident de navigations qui le forcerait à rester à terre pour se guérir, recevra un secours de 25 francs par jour, à partir du quatrième jour de son temps d’arrêt, et sur présentation d’un certificat du médecin constatant la blessure." Et pourtant, rançon de cette bonne fortune, le nombre des adhérents baisse il passe de soixante-quatorze à cinquante et un car la société n’a pas eu l’opportunité de fournir la preuve de son utilité.
La tragédie de juillet 1867
Cette funeste occasion lui est donné en juillet 1867, à la suite d’une terrible tempête qui provoque le naufrage de six chaloupes flottaises, et emporte une vingtaine de marins, parmi lesquels quatre membres de la société. Etant donné l’ampleur du désastre, de nombreuses personnalités, locales et nationales, se déplacent à la Flotte, pour les funérailles :
Au milieu du choeur, est élevé par les membres de la société, dirigés par M.le Syndic des gens de mer, un catafalque, sur lequel on lit les noms des chaloupes de l’île de Ré, dont les équipages ont péri dans la tempête du 28 juillet, et dont quatre d’entre elles avaient pour patrons des membres
de notre société.
Autour du catafalque, sont placés l’aide de camp de Son Excellence le Ministre de la Marine, le commandant de la station navale des côtes de l’Ouest et son état-major, M. le Maire de la Flotte, M. le commissaire de la Marine de la Rochelle, M. le Secrétaire général de la Préfecture, M. le Commissaire de Saint-Martin et tout le clergé de l’île.
Mme le Masson, femme de M. le Préfet et plusieurs dames de hauts fonctionnaires assistent à cette lugubre cérémonie, que Mgr Thomas, évêque de la Rochelle, a voulu présider lui-même.
La société des marins assiste au service avec recueillement. Après la cérémonie, la société se rend à la cure et le vice-président, au nom de notre société qui compte plusieurs victimes parmi les défunts pour lesquels vient d’avoir lieu ce service, remercie vivement sa grandeur de l’intérêt qu’elle a témoigné aux travailleurs de la mer, en daignant venir présider la triste cérémonie à laquelle nous venons d’assister.
Mrg répond qu’il est touché de notre démarche, qu’il porte le plus vif intérêt à la population maritime, que son coeur a été vivement atteint, en même temps que celui des épouses et parents aujourd’hui éplorés, qu’il a pu résister au désir de venir répandre quelque baume sur ces douleurs encore si vives, et qu’il en est d’autant plus heureux d’être venu qu’il a pu admirer l’esprit de fraternité et d’entente cordiale qui existe entre les marins.
Ce drame met à l’épreuve l’efficacité de la société, qui accorde cinquante francs de secours à chacune des veuves, et une pension annuelle de quatre-vingts francs. Dans son discours, le président insiste sur l’utilité de cette société, dont les bienfait malheureusement ne profiterons qu’à quatre familles : "Grâce aux économie de ces pères de famille, qui ont eu la prévoyance de penser au danger de leur profession [...], leur femme et leurs enfants n’iront pas tendre la main, la société est là qui, malgré ses ressources bien minimes, leur donnera le plain quotidien."
Les adhésions affluent dans les mois qui suivent ce drame . Il s’agit essentiellement de matelots plutôt jeunes (entre vingt et trente-cinq ans), qui semblent avoir été convaincus des avantages de l’association.
Le discours prononcé par le président en juillet 1867 peut sembler exagérément optimiste, si l’on considère la modicité des secours attribués par la société. A titre de comparaison, le revenu moyen sur l’île de Ré au milieu du XIX° siècle (déjà inférieur au revenu moyen dans le département) est de cent trente francs par an et par habitant. D’ailleurs, le témoignage d’une vieux Rétais confirme l’insuffisance de ces secours :
lorsque son grand père, marin pêcheur sociétaire, a disparu dans un naufrage en 1883, les quatre orphelins ont dû mendier chaque jour de leur vie pour survivre.
Le délit de mort par imprudence
L’un des buts moraux de la Mutualité est de responsabiliser les adhérents. Dans les sociétés qui attribuent des secours en cas de maladie, il est précisé qu’ "
aucun secours n’est dû pour les maladies dues à la débauche ou à l’intempérance", ou encore "en cas de blessures reçues dans une rixe dont il aura été prouvé que le sociétaire était l’agresseur".
Dans la société la Société des marins de la Flotte, il n’est question que de secours en cas de décès du sociétaire ; mais ces secours ne sont pas pour autant distribués à la légère, car les ressources de la société sont modestes, et il ne s’agit pas de dilapider la patrimoine épargné.
En 1868, la société se demande si elle doit accorder des secours à la veuve d’un sociétaire mort par imprudence. avant de prendre leur décision, les administrateurs écoutent le récit d’un témoin, récit pittoresque autant que dramatique : Dès notre départ de la Flotte, Wagner était en état d’ivresse ; pendant la traversée de la Flotte à l’Aiguillon, il s’est livré à plusieurs actes qui prouvaient suffisamment qu’il n’était pas dans sont état normal.
Le débarquement des passagers ayant été effectué a l’Aiguillon, nous sortions de la grève de la Faute quand la chaloupe s’échoua non loin des battures. A ce moment-là, Wagner, qui était sur l’avant de la chaloupe, jeta à l’eau mon petit chien. "Pourquoi, lui dis-je, as-tu jeté à l’eau mon petit chien ? Quel mal te faisait-il ? Enfin, ce n’est pas un grand malheur, mais il est perdu, car il ne pourra pas revenir contre le courent !" Pour opérer cette manoeuvre, je passai sur l’avant de la chaloupe. Pendant ce temps-là, Wagner qui était resté sur l’arrière se jette tout à coup à l’eau tout habillé : "Mais, malheureux, que fais-tu ? lui criai-je, laisse donc, je vais chercher ton chien !, me répondit-il Mais tu ne pourras pas revenir contre le courant, reste donc malheureux ! " Rien ne put y faire et il se dirigea vers le chien... Aussitôt, j’amarrai une ligne de sonde à un panneau que je jetai immédiatement dans la direction de Wagner, qui avait alors saisi le chien et luttait en vain contre le courant pour atteindre la chaloupe. Je lui criai de se laisser dériver soit dans la direction du panneau qui était à quelques mètres de lui, soit dans la direction des sables de la pointe
[ de l’Aiguillon]... Tout dut inutile ; il s’entêta à nager contre la violence du courant et, sentant ses force l’abandonner, il s’écria : "
Jette-moi une perche !", ce que je fis aussitôt, mais il était trop tard, les forces étaient épuisées, et Wagner disparut en criant :"
Ah, ma pauvre femme et mes pauvres enfants !"
L’audition de ce récit convainc le conseil d’administration que, si Wagner est bien mort par accident de mec, cet accident a pour cause un excès de boisson. Il est donc décidé que, "pour ne pas encourager en quelque sorte la débauche", la veuve est les orphelins ne recevront qu’un secours réduit.
Les marins et l’au delà
Le risque de mort quotidien qui accompagne l’activité de la pêche au XIX° siècle, ainsi que la vision d’espaces infinis, génère chez les marins un mysticisme particulier, qui peut paraître hérétique aux yeux des populations terriennes, car, si la sincérité de leur sentiment religieux est indéniable, elle ne se traduit ni par l’attachement aux représentants du clergé ni par la fréquentation régulière des offices, d’ailleurs incompatible avec les impératifs de la pêche.
La mort en mer est redoutée, non seulement parce qu’elle est particulièrement terrifiante et douloureuse la plupart des pêcheurs n’apprennent jamais à nager, pour s’éviter une longue agonie en cas de naufrage mais aussi parce qu’elle prive le défunt des derniers sacrements et souvent même d’une sépulture chrétienne. Comme le dit Alain Cabantous : "Mourir en mer, c’est bien souvent mourir seul."
Pour pallier cette absence spirituelle qui caractérise la mort maritime, la société des marin de la Flotte décide en 1868 d’instituer "un service religieux pour le repos des âmes des défunts sociétaires", qui aura lieu chaque année en octobre. Ainsi, la solidarité mutualiste doit dépasser le simple secours matériel, pour se prolonger au delà de la mort. aucun sociétaire ne songerait à remettre en cause cette nouvelle disposition, ce qui n’empêche pas un rappel à l’ordre du président, en 1870, pour manquement à l’assistance aux funérailles :
Cette charité de coeur mise en pratique par tous les sociétaires serais une preuve de fraternité pour toute cette population maritime que nous serions heureux de voir se joindre à nous et ne former qu’une seule et même famille. D’autre part, Monsieur le Président regrette que les patrons de chaloupe membres de la société n’aient pas mis pour cette pénible cérémonie leur pavillon en berne. Il les invite à l’avenir à le faire. C’est une marque de deuil que l’on doit à la famille du défunt"
L’absentéisme aux offices ne peut nullement être interprété comme la manifestation d’un sentiment irreligieux ou anticlérical. La dévotion des pêcheurs s’exprime de façon original, voire même utilitaire, notamment pendant la fête annuelle, qui a lieu en juin : "La messe étant finie, le clergé, ainsi que la société et les assistants se sont rendus sur le port afin que M. le Curé et tout le clergé de l’île donne la bénédiction aux barques qui se trouvaient dans le dit port avant le départ pour la pêche au thon." Il s’agit là, surtout de se concilier les bonnes grâces du Ciel, au sens propre et au sens figuré.
L’extension des servies mutualistes
Dès sa création, la société accueille des mousses, généralement présentés par leur père, car le métier se transmet de père en fils. Mais les dispositions du règlement ne sont guère favorables à ces sociétaires qui, vu leur jeune âge, ne risquent pas de laisser veuves et orphelins. Aussi, pour conserver les mousses et les novices, la société institue en 1870 un secours en faveur de leurs ascendants en cas de décès, et une rente "à la condition que le père ait atteint l’âge de cinquante-cinq ans, ou soit dans un tel état d’infirmité qu’il ne puisse gagner sa vie"
En 1874, un sociétaire fait remarquer qu’il n’est pas tenu compte, dans le règlement, des accidents de navigation, et que "les marins appelés au long cours, ou au grand et petite cabotage, et qui meurent par suite de travail dans l’arimage d’un navire ou de maladie contagieuse contractée à l’étranger dans les colonies ne sont nullement secourus". Le conseil d’administration promet d’examiner cette proposition... qui ne revient à l’ordre du jour qu’en 1879, car entre temps la société a dû faire face à des problèmes financiers qui ne lui permettaient pas d’envisager une extension de ses services. Il est alors décidé que "tout membre participant qui serait blessé à bord par un accident de navigation recevra un secours de 25 centimes par jour, et sur présentation d’un certificat de médecin constatant sa blessure".
En revanche, la questions de l’indemnisation des maladies épidémiques est écartée ; d’ailleurs, elle ne concerne pas vraiment les pêcheurs de la Flotte, qui naviguent la plupart du temps dans les pertuis charentais, ou pire, s’aventurent dans le golfe de Gascogne.
Théoriquement, l’inscription maritime donne droit à une rente de l’Etat, mais seulement si l’inscrit a accompli huit ans de navigation effective, ce qui n’est pas le cas de tous les inscrits. C’est pourquoi la société crée un fonds de retraites en 1876, alimenté par les cotisations des sociétaires, les subventions du gouvernement et les versements de la société.
Toutefois, comme la vocation première de la société reste l’attribution de secours aux veuves et orphelins des marins morts en mer, chaque naufrage a pour conséquence de d’épuiser les réserves. Le fonds de retraites est insuffisamment alimenté, à tel point qu’il est parfois impossible de liquider la pension des sociétaires âgés. D’ailleurs, les années passant, les difficultés financières s’accentuent avec la diminution du nombre des adhérents.
Le registre des réunions de la Société des marins s’arrête en 1897.
La société est encore épisodiquement mentionnée dans les archives préfectorales du début du XX° siècle, mais avec des effectifs considérablement réduits : cette désaffectation des pêcheurs pour la société flottaise peut être imputée à l’institution de la caisse générale de prévoyance qui assure, à partir de 1898, contre les risques et les accidents maritimes. Des sociétés dit "Sou du marin" son ainsi crées sur tout le littoral et à la Rochelle notamment sous l’égide des conseils municipaux, mettant en évidence a posteriori l’aspect avant-gardiste de l’initiative flottaise, mise en place un demi-siècle avant la mutualité du continent.
Patricia TOUCAS.
PEINTURES A QUAI
ART CONNEXION existe depuis 1989.
Expositions principales :
1989 Copenhague / La Rochelle - Gabut
Bicentenaire - Accrochage sur les murs de la ville.
1990 Centenaire du Port de La Pallice
La Rochelle - La Pallice - C.C.I. La Rochelle
Balises - Installations
1992 "Passe-Port sans visa" Cloître des Dames Blanches - La Rochelle
1994 "Peintures à Quai" - C.C.I. La Rochelle
Commissariat de l’exposition "Peintures à Quai"
Michel Aubin
Yves-Antoine Judde
A l’occasion de la création
du nouveau Port de Pêche de La Rochelle
PEINTURES A QUAI
Salle haute de la Bourse
Chambre de Commerce et d’Industrie
LA ROCHELLE
Juillet - Août - Septembre 1994
Exposition organisée par la Société des arts de La Rochelle
Présidente : Madame Vérane Menu
Monde de la pêche, mystérieux pour les nons
initiés, difficile à comprendre pour les autres, mais
en fait gardien d’une tradition qui, transcendant
l’évolution du monde moderne a su, à la manière
des Compagnons du Moyen-âge, préserver envers et
contre tout les rites, une façon de vivre, une raison
d’être, face à un environnement de jour en jour plus
difficile et parfois cruek pour l’homme. Monde de la
pêche qui tire sa noblesse de la fierté des hommes
qui la composent. Hommage lui soit rendu à travers
cette exposition.
Vers 1615 le village de Téquenonquiage s’appellera La Rochelle...
L’attente
François FEYEN PERRIN,
1826 - 1888

Les familles étaient heureuses lorsque du "bout blanc", elles reconnaissaient le bateau qui arrivait...
Anonyme,
milieu 19è s,
Vue du port pris du Bassin neuf - la rive à La Rochelle - le bassin de carrénage - l’extrémité de la jetée - entrée dans le canal Maubec - bassin à flot - chantier de construction - Voiliers dans le port - entrée du port de La Rochelle... vers 1830. Dès lors, sur les quais, le nombre de peintres, que les rochelais peuvent voir, ne cesse d’augmenter.
Anonyme,
Dans la 1ère moitié du XIXè siècle, le goût pour la représentation des bateaus se diffusera chez les capitaines et armateurs, qui ne manquaient pas de passer commande du portrait de leur navire. Dans ces tableaux, le bateau, motif principal, est souvent représenté à l’entrée du port avec en second plan d’autres navires.
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Chaloupe pontée immatriculée à Bordeaux. Selon les saisons, ce type d’embarcation armait soit à la pêche, soit au cabotage. Elle est babord amures et remonte le chenal.
Paul-Emile Pajot
dit "Gueurlette",
1873 - 1929
Le plus célèbre des marins pêcheurs peintres. Ses tableaux maritimes sont constitués de 3 éléments principaux : le bateau, le décor, la légende. Pajot produit d’innombrables portraits commandés par les équipages venus vendre aux Sables-d’olonne où à La Rochelle. Le dessin est repris à la plume Sergent-Major, trempé dans l’encre de chine Sépia. La légende comporte le titre , le nom et le port d’attache du bateau représenté, le nom de son patron et relate les circonstances dans lesquelles le voilier a été représenté.

"Le dundee chalutier" " Comme il faut", du port des Sables d’Olonne, courant au plus près, babord amures, par forte brise et mer houleuse, pour aller se mettre en pêche, au Sud-Ouest de Belle-Ile."
La Rochelle était un port très fréquenté par les dragueurs du golfe, immatriculés L-S, L, L.G.X.
Anonyme,
Peinture de marin,
1ère moitié du XXè siècle.
Les navires représentés sont souvent ceux sur lesquelss naviguaient les marins-peintres. Il s’agit d’un epeinture descriptive cherchant à représenter le navire le plus fidèlement possible avec les moyens du bord comme les crayons de couleurs. Ils sont signés ou restent anonymes.
La drague, l’hiver entre Belle Isle et Rochebonne...
Michel Beauchamps,
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De parents marins gresillons, venus faire la pêche à La Rochelle, il commence à peindre, à sa retraite, des portraits de bateaux.
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Dundee tous tangons déployés sur la ligne des quatre mâts.
Peintre rochelais,
première moitié du XXè siècle
Venus à la saison "faire la sardine" les bateaux annonçaient leur arrivée au port d’un coup de sirène plus ou moins long selon que la pêche était bonne ou pas. Alors les femmes accouraient pour les aider.
Ernest Chevalier,
Né à La Rochelle en 1862, mort en 1917.
Elève de Gervex, Humbert et Roll, nommé peintre du département de la Marine par décret du 6 mai 1906. Membre du Comité de l’action maritime, Société des peintres de marine, Paris.

Dundee au mouillage à la balise des Minimes, attendant la renverse ou un vent plus favorable pour rentrer au port.
Franck Will,
né en 1900, mort en 1951.
Aquarelliste, il a souvent séjourné à La Rochelle. Les sloops et les dundees étaient parmi ses motifs préférés.
Sloops dans l’avant port, pendant les années 1920.
Paul Signac,
né en 1863, mort en 1935.
Avec Georges Seurat, il développe les principes du pointillisme.
Signac, grand navigateur et possesseur de bateaux de plaisance aborde à La Rochelle en 1911.
Il yy revient souvent et en 1920, louera une maison où il invitera son ami Marquet.
Entee
1911 et 1932, il exécutera de nombreuses aquarelles et une douzaine de peintures.
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Cette série des Ports de La Rochelle semblent vouloir réunir et opposer les symboles du mouvement et ceux de la durée : mouvement des choses visibles (les navires, la mer, les allées et venues du port) et des choses non visibles (le vent, la lumière, l’heure) opposée à la durée ou à l’immobilité des architectures,des quais et des berges recevant le flux et le reflux de la marée".
Albert Marquet.
style="text-align : center ;">né en 1875, mort en 1947.
Un des membres du mouvement Fauve.
Il a peint de très nombreux ports.
A la fin de sa vie, il est nommé peintre de la Marine.
En 1920, sur l’invitation de Paul Signac, Albert Marquet se rend à La Rochelle, où il esquisse de nombreux dessins à la plume, à l’encre de Chine, et des peintures du port de La Rochelle.
Ce tableau a été peint à la cale aux "Sans-sel", au pied de la tour
de Chaîne. Au fons, l’église Saint-Sauveur et l’entrée du canal Maubec.
Frédéric Deshayes,
Né en 1883, mort en 1970.
Elève d’Edouard Valton, peintre de paysages et de marines.
Dundee devant la Tour de Chaîne.
Henry Malfroy,
né en 1895.
Peintre post-impressionniste de paysages et d emarines.

Après une saison, les voiles blanches étaient "loquées", teintés à l’ocre.
align="justify" style="text-align : center ;">André Balande,
dit Delauzières,
né en 1905, mort en 1941.
align="justify"style="text-align : center ;">Fils de Gaston Balande, celui-ci l’encourage à peindre.
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Elève de Paul Laurens à l’Académie Julian puis de Lucien Simon à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.
Il s’intéresse particulièrement à la vie quotidienne du port.

Le développement spectaculaire de la pêche, provoqua dès 1920, une immigration importante des familles bretonnes regroupées dans certains quartiers proches du port :
St Nicolas, St Sauveur, St Jean.
N’ayant jamais rompu avec le pays natal, les femmes avaient gardé leur coiffe.
Louis Suire,
né en 1899, mort en 1987.
Arrière petit fils de peintre de marine, il suit les cours de l’école des arts décoratifs de Limoges et s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Paris. Elève de Jean-Paul Laurens.
Il sera lui aussi l’ami de Marquet et Signac.
Reconnu pour ses paysages rétais, il a aussi peint le port de La Rochelle.

L’étoile du Marin...La Renommée...Les Bons Copains...le bar Armand et chez Bobinec, où les marins confiaient leur paye au patron chargé de l’envoyer aux familles restées en Bretagne.
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Gabriel Charlopeau,
né en 1889, mort en 1967.
face=""Times"> color="#000000"> size="4" new="">Il s’inscrit à l’Académie Julian et suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.
Vendéen, il s’installe à La Rochelle en 1910.
Il fut l’ami d’Albert Marquet, d’Henri Dezyré, de Georges Morvan.
Navire déchargeant du charbon quai Ouest, et chalutier avitaillant quai Est.
Gaston Balande,
né en 1880, mort en 1971.
Elève à l’Ecole des Arts décoratifs de Paris, il participe à la décoration des paquebots "Normandie" et "De Grasse".
Il fut conservateur du Musée des beaux-Arts de La Rochelle.

Gaston Balande fut le témoin consciencieux des scènes maritimes, construction de bateaux, caréange, ramandage des filets, appareillage...
François Béraud,
né en 1914, mort en 1953.
Il étudie l’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, sa rencontre avec Roger Morène l’amène à la peinture. Il ne veut pas simplement représenter "le motif", mais le traduire dans des constructions colorés.

Gabut - Cale inclinée, anciennement cale d’abattage en carène. Echafaudage et cisailles à métaux. A cet endroit se réalisaient de petites constructions.
Jacques Judde,
né en 1925, vit et peint à La Rochelle.
A La Rochelle depuis 1951, il peint des bateaux, et chantiers de construction.
il est le témoin attentif de l’évolution des navires et de la vie des ports.

Sur les cheminées inclinées vers l’arrière l’emblème de leur compagnie : Le Trident des Marie, le Trèfle à quatre feuilles de chez Dahl, les dragons, les croix de Malte de l’Association Rochelaise de Pêche à vapeur (Menu) et autre "tuyaux noirs" de chez Castaing.
Roger Chapelet,
peintre de la Marine, né en 1903.
Il est membre de l’Académie de Marine, il a peint avec beaucoup de précision, les combats navals et les grands voiliers.

Construit
en 1935, le Casoar fut le premier grand chalutier à moteur diesel, un sulzen de 1350 ch. C’était une grosse unité de 53 m. de long, 9,22 m de large et jaugeant 595 tonnaux.
Réquisitionné pendant la dernière guerre par les allemands, à la fin de celle-ci il est réarmé pour la "Campagne du Rhum" aux antilles avant la campagne de Mauritanie. Dans la mature, un panier indique qu’il est en action de peche. Au 1er plan, le pavillon de signalisation lumineuse par lampe acétylène.
Damien,
né en 1914.
Marin-pêcheur retraité, 41 ans de navigation, vit dans l’ïle d’Oléron. Famille de marins, à l’aïeul rescapé de la Méduse. En 1932, embarqué sur le Jeune Raymond, sloop côtier, sur le Pierre Loti, puis à bord du Sea Horse comme matelot. Plus tard il achète "Fleurs des Pins" et enfin fait construire son bateau "Pax in Labore". Cinq ans plus tard, à la retraite, il commence à peindre des portraits de bateaux.

"Le patron qui était dans la passerelle criait - parer à virer - les matelots sautaient sur le pont. Quand les panneaux arrivaient aux fermes, les matelots déhallent le filet, le treuilliste abraque les funes."
Fortuni,
vit à La Rochelle.
"Etait deux frères qui n’étaient mêm pas jumeaux et qui peignaient sur le même bateau". A l’exemple de Paul Emile Pageot - comme lui originaire des Sables - Fortuni, dans les années 50, exécuta sur commande des patrons de pêche et de l’équipage des chalutiers sur lesquels ils navigaient, un nombre considérable de tableaux. Ces portraits de bateaux sont le témoignage du patrimoine maritime de ces années là.
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Chalutier construit en 1934 à Ostende (Belgique) pour la société "Les Doris" de Boulogne sur Mer. Ce chalutier avait une longueur de 32 m. et une largeur de 6,50 m. Il jaugeait 156 tonnaux et avait une force motrice de 350 cv de marque carels. Le Charles Letzer a été vendu à l’armement Auger-Onfroy-Frezouls de La Rochelle, le 11 juin 1951, pour remplacer le chalutier
"La Vague" perdu corps et biens par dommage de guerre. Ce navire navigait avec un équipage de 11 hommes. Le propriétairedu tableau Albert-Jean Sevellec a commandé ce bateau du 19 mai 1962 au 26 mai 1964.
Albert-Jean Sevellec,
né en 1935.
Famille de marins depuis 3 générations, originaire d eDouarnenez, patron de pêche retraité. Il commence en 1949 aux Sables d’Olonne comme mousse. Il a commandé le "Varne" armement Auger-Morillon- Le Charles Letzer - l’Euros. Armement Auger-Morillon - le "Scapiria" armement Auger-Morillon, et à sa retraite il peint des bateaux.

Ce chalutier a été construit en 1964 à Kootsertille (Hollande) pour le compte de l’armement Auger-Morillon de La Rochelle et livré le 9 juillet 1964. "Koros" avait une longueur de 37,45 m et une largeur de 7,32 m. Il jaugeait 241 tonnaux et avait une force motrice de 800 cv. Deutz.
L’auteur de ce tableau, Albert-Jean Sévellec a commandé le "Koros" du 28 décembre 1976 au 27 avril 1982. L’équipage du "Koros a été té"moin le 9 juin 1979 du naufrage de l’"Antioche III" de La Rochelle, abordé par un cargo alors qu’il était en pêche à quelques milles dans le NNW de Longschips, (Cornouailles anglaises). Il y a eut quatre disparus. Des navires de la Royal-Navy et des chalutiers en pêche dans cette zone ont aidé le "Koros" à rechercher les disparus. Seul le corps du patron Le Bloch Jacky a été retrouvé mort, par le chalutier "Jeanne - Moësan" de Concarneau. Le "Koros" a été vendu à l’armement Adrien de Dakar en juillet 1984 et livré à son nouveau prorpiétaire en février 1985. Le "Koros" a été le dernier chalutier classique armé à la pêche industrielle, à naviguer à La Rochelle.
Pierre Langlade,
né à La Rochelle en 1907, mort en 1972.
Il fréquente l’école des Beaux-Arts de Nantes, puis l’Académie Julian où il a pour maîtres Dupas et Laurens.
Il vit et travaille à La Rochelle jusqu’à sa mort. Il participe à de nombreuses expositions dans toute l’europe dont l’exposition universelle de Paris en 1937. Peintre de tous les genres, il aime traduire la fébrilité portuaire, la lumière légère des côtes et l’intensité des ciels.

Les noms évocateurs que toutes les familles jusqu’aux enfants connaissent :
l’Antioche, le Chassiron, les Baleines, l’Eper, la Mousson, le Pampero...
Philippe Borgeot,
color="#000080">né
en 1929.
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0, 0) ;">Architecte des Bâtiments de France.
Ses sources d’inspiration majeure sont avant tout les bâteaux, les ports, docks, friches industrielles.
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Le Péonia, le Scapiria, l’Angoumois...arrivés la veille et amarrés le long des quais.
Nicolas de La Casinière,
né
en 1954 à Nantes.
Artiste-journaliste au "Marin

Lundi 28 juillet en pêche par 50° 30 N - 5° 55 W - beau temps clair, un peu nuageux - vent faible de N.E. - mer belle - visibilité 10 milles - à 23 h - route au 135 ° passe le bateau-feux Stevens Stones à 0 h. - route au 160 ° passé le loup à 1 h 29 - route au 14 ° - stopper à D18.
align="center">extrait du carnet de bord du Koros
Gildas Flahaut,
né en 1957.
Peintre et aventurier, il a peint les marins à quai, et dans les mers du bout du monde.
De retour à La Rochelle, Isabelle Autissier lui demande de peindre - à sa manière - la coque de son bateau.

"Malgré notre fatigue, il fallut partir sans attendre le jour suivant. Le vent était assez bon pour nous permettre d’être aux îles en moins de deux jours. Toute la nuit, nous courûmes une bordée vers le large et, quand l’étoile du matin sortit de la mer, nous devions être à plus de quarante milles de terre".
Extrait "Aventures en Mer Rouge" Henry de Monfreid
Jean-Pierre Dussaillant,
né en 1949, vit à St Martin de Ré.
color="#000000">Peint la série des poissons entre 1989 et 1991.

Si pendant quelques instants l’on suivait le geste du pinceau (allègre - joyeux - léger - comme une ligne tenue avec l’exacte pression des doigts) on verrait une autre manière d’écrire merlus, saumons, raies, pageots, vives.
Georges Lavaudant
Roulis et langage haut en couleur sur le quai
Une chose est sûre, c’est le pêcheur qui a inventé le poisson. Non content de cette trouvaille, ce travailleur de la mer - de surcroît grand usager de peinture marine, à pleines coques - , est aussi l’inventeur des tableaux de marine. Car à leur insu, les marins pêcheurs sont des artistes. Ils manient la couleur locale avec une insistance de cirés, de bouées, de carènes virulentes de rouges, pétantes de jaunes, éclatantes de bleus. Le vert bouteille, le sang d epoisson, la blancheur de la glace qui fige en coiffant les caisses, l’entrelacsz de courbes des aussières et le rythme verticale des mâts-radar, forment une matière vive, un langage haut en couleur qui motive les peintres en escale de regard au bord du bassin.
D’autant que nombre d’ethnologues l’ont maintes fois observé : de retour de sa marée, le marin-pêcheur s’emmêle souvent les pinceaux en rtetrouvant le tangage fixe du quai, cette oscillation traître et immobile à peine contrecarrée par le roulis statique des seuils de bistrots, avant l’entrée dans ces débits de boisson, bien sûr. Par simple déférence,
les peintres ont gardé de cet emmelage furtif de pinceaux une bonne raison d’aimer les marins .Mais comme les hommes de mer prennent rarement la pose en ciré au devant de la criée, les peintres leur ont souvent préféré les bateaux de pêche, qui ont l’avantage de moins remuer devant les chevalets.
Les aléas du flux et reflux nous ont pourtant laissé cet étalage de "Peintures à Quai" qui balayent ce siècle et le précédent. Le coup de chalut a remonté un patrimoine d’oeuvres rochelaises jamais réunies auparavant. Peintures de marine et peintures de marins. En prenant l’inventaire au pied de la lettre qui sépare ces genres, on découvrira tant des oeuvres d’art que des "oeuvrettes" dont l’enjeu est aussi documentaire. Galeries de
bateaux peints par des autodidactes issu du milieu, et collection de paysage du port de pêche par des artistes connus.
REMERCIEMENTS
Mme Y. Audinet, M et Mme D. Beraud, Mme F. Beraud, M et Mme G. Beraud,
M et Mme L. Beraud, M et Mme M. Beraud, Mme Bour Flahault, M. N de la Casinière,
M et Mme Castaing, M et Mme Camenen, Mme Charlopeau, Dr et Mme Ph. Chasseuil,
Dr et Mme Cornuault, M et Mme Didier, M et Mme J.J. Godet, Mme Joiris, M. Laparade,
M. Le Bloch, Mme Le François, Mme Marchand, M et Mme Menu, Mme Péché,
M Ph. Poupon, M Priollaud, Mme M-H. Rabaut, Melle A. Rideau, M et Mme Schnepp,
M et Mme Sevellec, M et Mme Suire, M. H. Teillet, Chez Annie, Chez Fred,
L’étoile du Marin
Archipel, Arthotèque La Rochelle, Aunis Média, Allibert Equipement, B.T.L.G. Antoine,
B.T.L.G. Bernard Biniou Moreau, B.T.L.G.J.P. Labate, C.A.U.E. 17, C.C.I. La Rochelle,
Charente-Maritime, Conseil Régional, E.R.C. Harranger, FR3, Imp. Mingot,
J.M. Photographie, Mairie Annexe de Mireuil, Musée des Beaux-Arts - La Rochelle
Musée Maritime - La Rochelle, Muséum d’Histoire Naturelle - LR,
Musée Océanographique - LR, Sud-Ouest, Théâtre de la ville en bois,
Tribunal de Grande Instance - LR, Ville de La Rochelle, Galerie du cloître St Michel,
Galerie G22, Le Tableautin
OEUVRES EXPOSEES




BIBLIOGRAPHIE
Le Chasse-Marée : Les Bretons à La Rochelle - Emile Le Bouardier
Revue "303"
Carnet de bord du "Koros"
Centenaire des Amis des Arts
"Souvenirs de la Mer Rouge" - Henry de Monfreid
Exposition - 5/31 août 1977 - Salle de l’Arsenal - quai Maubec
Graffiti de Gens de Mer en Aunis (XVI - XVIIè siècle)
La collection de relevés de graffiti de gens de mer, objet de cette exposition, et l’oeuvre de Luoc BUCHERIE, Membre de la Société d’archéologie et d’histoire de l’Aunis. Luoc BUCHERIE consacre, depuis quelques années, ses loisirs d’étudiant à recenser méthodiquement les dessins gravés aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, sur les murs des bâtiments d’Aunis.
Tracés spontanés ou oeuvres composées, tel le tableau sculpté du port de La Rochelle exécuté, en 1872, par Emile Lafontaine, sur une pierre de la tour de la Lanterne, alors prison militaire, ces graffitis demeurent, pour nous, les témoignages émouvants des occupants successifs d’un édifice.
Les murs révèlent bien d’autres thèmes que ceux inspirés par la mer. On a, volontairement, limité cette exposition aux navires. Que Luoc Bucherie soit remercié d’avoir bien voulu nous confier, avec la meilleure grâce, un choix de relevés qu’il a fait avec tant d’exactitude et de talent. Qu’il soit remercié de permettre, ainsi, à nos regards inexperts -qui, sur les lieux, n’auraient rien su déceler - d’admirer la qualité graphique de ces dessins, qu’il propose, par ailleurs, aux commentaires des archéologues navals.
Vérane MENU, Présidente de la Société des Amis des arts de La Rochelle
La Société des Amis des Arts nous permet d’admirer aujourd’hui une très belle collection de graffitis maritimes recueillis avec grand talent et beaucoup d’amour à La Rochelle et dans la région qui l’entoure.
Comme ces petites croix gravées à Jérusalem dans la crypte de l’église Sainte-Hélène et dont chacune rappelle un Croisé, ces dessins sont la trace des innombrables
gens de mer qui sont passés dans notre port, sur la route du golfe de Gascogne, car La Rochelle demeura, au cours des siècles, un centre de navigation d’une importance extrême.
Les produits de la région, nés du soleil, comme le sel de l’île de Ré et le vin d’Aunis, très recherchés par les pays du Nord furent à l’origine de ce trafic. Leur transport à destination de l’Angleterre, de la Hollande ou des pays scandinaves exigeait un nombre de navires dont nous n’avons aucune idée aujourd’hui : qu’il suffise de rappeler qu’en plein Moyen Age, au milieu de la guerre de Cent Ans, on put rassembler 1 500 navires pour attaquer l’Angleterre.
A côté du cabotage, la pêche occupait un grand nombre de marins. On mangeait alors beaucoup de poisson et il y eut jusqu’à cent cinquante jours maigres dans l’année, mais ce poisson ne pouvait être pêché que près des côtes sous peine de ne ramener au port qu’une cargaison pourrie ; les bateaux étaient donc nombreux et petits.
Deux sortes de pêche échappèrent à cette règle impérative, la pêche à la baleine et celle qui s’exerçait sur les bancs de Terre-Neuve. Pour cette dernière, les pêcheurs s’installaient dans une des belles baies de ce que l’on devait appeler le "French shore" et pratiquaient la pêche en embarcations ; la morue séchée et salée à terre pouvait alors supporter sans inconvénient de longs transports. Leurs bateaux étaient des navires de haute mer que rien ne retenait près du rivage et ils furent à la pointe des découvertes, le plus souvent sans s’en vanter.
Je ne peux résister au plaisir de rappeler ici un épisode de la vie de Jacques Cartier, le découvreur du Canada. Au mois de juin 1534, il emprunta le détroit de Belle-Isle qui sépare Terre-Neuve du Canada : s’il fut jamais un endroit où l’on avait eu de chances de rencontrer des connaissances, c’était bien là. Sur la côte du Labrador, complètement inconnue, il pénétra dans une rivière où, dit-il : "Nous pêchames beaucoup de saumons ; nous l’appelâmes le fleuve Saint-Jacques. Etant en ce fleuve, nous avisâmes une nave qui était de La Rochelle".
Les dessins que nous pouvons admirer aujourd’hui, si vivants, si précis, ont-ils pu être tracés par d’autres que des gens de mer ? Je ne puis le croire. On ne faisait pas alors de l’art pour l’art et ces hommes ornaient les murs de ce qu’ils aimaient le plus, de ce qu’ils connaissaient de plus beau : leurs bateaux, toujours représentés avec une scrupuleuse honnêteté.
Si quelques-uns de ces graffitis sont de véritables oeuvres d’art, d’autres sont traités avec naïveté, mais aucun ne pourrait être qualifié d’enfantin ; derrière la maladresse du trait, on trouve toujours le détail vrai.
Ces dessins - à de rares exceptions près - resteront toujours anonymes. Seule l’histoire des lieux où ils ont été découverts peut permettre d’évoquer les circonstances dans lesquelles ils furent tracés. Monsieur Bucherie en a fait
la brillante démonstration en comparant les graffitis du moulin
du Plomb avec les gravures du Siège de l’île de Ré par Callot. Avant lui, O. de Prat et M. Delafosse s’étaient attachés à établir une corrélation entre les documents d’archives et les graffitis dessinés par des marins anglais et néerlandais, prisonniers dans la tour de la Lanterne.
Du fait des innombrables guerres, il y eut toujours, en effet, et notamment aux XVIIème et XVIIIème siècles, beaucoup de marins prisonniers dans les geôles de notre littoral, comme il y en eut en Angleterre, en Espagne ou chez les Barbaresques. Que ce soit dans des forteresses glaciales ou à bord de pontons, la vie était partout la même : du matin au soir, on parlait de la mer et des marins et l’une des occupations favorites consistait à représenter ou à construire des bateaux, ambiance qu’a si parfaitement su rendre Louis Garneray dans son ouvrage célèbre : "Mes pontons".
Si ces dessins ne révèlent rien de leurs modestes auteurs, ils constituent, en revanche, une source d’une extrême richesse pour notre connaissance des bateaux. Car tous les types de navires marchands ont été représentés, s’entrecroisant parfois afin d’utiliser au mieux l’espace du mur disponible. Ce sont, d’abord, les lourdes barques faisant le cabotage dans le Golfe, la Manche et la mer du Nord, puis des bâtiments de plus en plus importants, brigantins et trois-mâts armés au long cours ; tous les détails de leur coque, de leur mâture et de leurs voiles sont scrupuleusement rendus ; certains sont même représentés "écorchés", afin d’en faire mieux apprécier le cloisonnement intérieur ; les plus intéressants sont sans doute les plus modestes, parce que moins connus, comme ces barques traversières ou ces barques à sel qui ont pendant des siècles animé les Pertuis. Ce sont, aussi, les navires de guerre - galères ou vaisseaux parfois surchargés de pièces d’artillerie - dessinés, le plus souvent, avec une grande précision par ceux qui les observaient de la terre, ou par ceux qui avaient fait partie de leur équipage.
Nous devons être reconnaissants aux organisateurs de cette exposition qui nous ont permis d’évoquer le souvenir de ces marins qui ont armé tant de bâtiments, souvent si frêles d’aspect : il est vrai que
Les navires sont toujours bons
Quand sur la dunette et le pont,
Les hommes le sont.
Amiral CORNUAULT
Président du Comité de documentation historique de la Marine
Une prospection archéologique entreprise en 1972 sur la commune de L’Houmeau nous conduisit indirectement à l’étude historique du port du Plomb ; aujourd’hui envasé, ce petit havre était connu dès le Xè siècle et devait conserver une activité relativement importante jusqu’au XVIIè siècle, notamment lors du siège de La Rochelle : Il servit en effet de base de départ à la "Grande Descente" des troupes royales en Ré, le 18 octobre 1627. Ce débarquement permit de dégager le maréchal de Toiras et obligea les Anglais à se retirer précipitamment avec de lourdes pertes.
Voilà donc cinq ans, nous visitions, dans le cadre de cette étude, l’ancien moulin à vent du port, dernier vestige de cette époque... Grande fut alors notre surprise en découvrant à l’intérieur du monument une centaine de graffiti en parfait été et dont environ un tiers représentait des navires du XVIIe siècle. Nous étions en présence d’un véritable "journal mural" des évènements
de 1627 et l’on comprend aisément que es occupants des lieux - civils et militaires - aient été inspirés par le prodigieux spectacle qui s’offrait alors à leurs yeux : au large, dans le pertuis, la flotte anglaise bloquant le Fort de la Prée et Saint Martin de Ré, et plus près, sur le rivage du Plomb, les grosses barques traversières, flibots et pataches françaises regroupés en vue de la "Grande Descente". Ce spectacle a été immortalisé
par la gravure de Jacques Callot figurant le siège de Ré
et il serait intéressant de souligner les similitudes existant entre les navires gravés
par Callot et les graffitis du moulin.
Ce
fut le point de départ d’une exploration systématique non seulement des moulins de l’Aunis mais aussi des monuments rochelais et plus généralement de toutes les constructions en pierre tendre susceptibles de recevoir des inscriptions. On concevra sans peine que le champ d’action est pratiquement illimité, même si nombre de bâtiments ne bénéficie pas d’un contexte historique aussi favorable que le moulin de Plomb. Notre recherche des graffitis de navire n’en est donc qu’à ses débuts et cette exposition ne saurait être qu’un aperçu des richesses souvent insoupçonnées que recèlent de nombreux monuments anciens...
Luoc BUCHERIE
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