Aujourd'hui : 09/09/2010 Accueil Plan du site Liens Contact Admin


Article N° 2521

Les 35 heures : funeste erreur (Article les 4 Vérités Hebdo n°726 du vendredi 29 janvier 2010 par Bernard Trémeau)

Publié le mercredi 10 février 2010

La loi Aubry II du 19 janvier 2000 vient de fêter son joyeux dixième anniversaire.
En fait, c’est la loi Aubry I qui avait institué les 35 heures, le 13 juin 1998. La loi Aubry II avait été un premier bricolage essayant d’en atténuer les effets pervers. Plusieurs autres bricolages ont suivi depuis...
La durée du travail est passée de 39 à 35 heures payées comme 39. Elle offrait donc aux salariés une augmentation de 10% de leur salaire horaire. Mais elle ne leur offrait pas une augmentation mensuelle ni annuelle de leurs revenus, puisqu’on les obligeait à travailler 10% de moins. Ils pouvaient faire dans certaines circonstances des heures supplémentaires. Mais ces heures étaient payées bien plus cher. L’employeur avait donc intérêt à embaucher un salarié. Le chômage devait ainsi régresser sans que le niveau de vie ne bouge.
La philosophie de cette loi est lumineuse. Le travail était devenu en France une "denrée" rare depuis 1970. Dans un souci égalitaire, il était donc nécessaire de partager le temps de travail. Comme on partageait les revenus avec les impôts. On voit ici la merveilleuse solidarité des gentils socialistes s’opposant à l’affreux l’égoisme des vilains "ultra-libéraux".
Sur le papier, c’est parfait. Une entreprise qui a 10 salariés doit en embaucher un onzième. Un pays qui utilise 20 millions de salariés va donc embaucher deux millions de chômeurs. Les revenus de l’ensemble des salariés vont rester identiques. Deux millions de chômeurs vont retrouver du travail. La Sécurité sociale n’aura plus à payer les indemnités de 2 millions de chômeurs. Sa branche chômage va retrouver de l’équilibre sans augmenter les cotisations.
Avec les lois Aubry, une grande majorité de Français a cru qu’il était possible de gagner autant en travaillant moins. Et ils sont heureux de disposer de plus de loisirs. Ils peuvent regarder plus souvent la télévision, emmener leurs enfants à l’école, bricoler à la maison, cultiver leur jardin, ou aller passer un week-end chez leurs enfants. Une femme peut même envisager d’avoir un enfant tout en continuant à travailler. Les Français apprécient cette nouvelle vie en dehors du travail.
Mais, quand on produit autant tout en étant payé 10% de plus, l’offre reste constante tandis que la demande augmente de 10%. L’inflation rétablit donc l’équilibre entre l’offre et la demande. Et cette inflation réduit de 10% le pouvoir d’achat de tout le monde. C’est mathématique. Par l’inflation, les lois Aubry ont donc appauvri les Français. Ils gagnaient autant qu’avant, mais ce qu’ils achetaient coûtait bien plus cher. Comme toujours, ce sont les plus bas revenus qui ont été les plus touchés par cette réduction du pouvoir d’achat. Les cadres s’en sont bien mieux tirés. Les lois Aubry ont donc accentué les inégalités au lieu de les réduire... Un comble pour une loi socialiste !
Le pouvoir d’achat de tous diminuant , les clients sont moins nombreux. Au lieu d’embaucher, on licencie. Certaines entreprises, pour ne pas perdre leurs clients, ont demandé à leurs salariés d’être bien plus productifs. Ils y sont arrivés, mais parfois au prix d’un certain stress au travail.
De plus, le 19 janvier 2000, la monnaie unique, l’euro, venait d’être lancée. Il n’existe donc plus de droits de douane pour protéger les entreprises françaises. Les lois Aubry les ont rendues encore moins compétitives. Beaucoup déposent leur bilan ou délocalisent. Elles créent des emplois en Roumanie ou en Chine et le chômage grimpe en France. La part des exportations françaises dans le commerce mondial régresse depuis la loi Aubry.
Pour finir, une entreprise ne trouve ni facilement, ni rapidement le ou les salariés adaptés à son équipe. Les hôpitaux publics français n’ont pas encore trouvé toutes les infirmières dont ils avaient besoin pour pouvoir utiliser correctement leur matériel très coûteux. Ils coûtent cher à la Sécu.
Faire une même loi pour tous est une absurdité. On n’habille pas avec le même costume ceux qui mesurent 1,50m et ceux qui mesurent 2m. Même les vareuses Mao sont de tailles différentes. Il faut supprimer les lois Aubry et les remplacer par des lois adaptées à la diversité humaine. C’est tout à fait possible. Il suffit d’en avoir la volonté.

Article les 4 Vérités Hebdo n°726 du vendredi 29 janvier 2010 par Bernard Trémeau




Toute reproduction interdite     
Copyright © 2006 CREFMPM / N1bus-Expériences