Le 22 janvier dernier, 123 Kurdes ont été retrouvés échoués sur une plage non loin de Bonifacio en Corse. Enfin, quand je dis "Kurdes", à vrai dire je n’en sais rien, ni personne non plus : nous n’avons que la parole de ces naufragés qui nous disent être Kurdes, venir de Syrie et réclamer l’asile politique (ça, au moins, c’est sûr !).
Bref, ces braves gens étant entrés illégalement sur le territoire français ont fait, assez logiquement, l’objet d’arrêtés d’expulsion et internés dans des camps de rétention.
Le dimanche suivant (oui, deux jours après !), 94 d’entre eux ont été libérés par la justice et sont désormais hébergés à nos frais, en attendant le statut de réfugiés politiques.
A noter : les clandestins ont été encouragés au tribunal par quelques rescapés du débarquement de 2001 où quelques centaines d’autres "Kurdes" avaient déferlé sur les plages du Var. La plupart d’entre eux sont aujourd’hui "Français"...
A noter aussi, la déclaration de l’inénarrable Besson qui a fièrement revendiqué de faire passer la "protection des personnes" avant le "pointillisme procédural". Quitte à lutter contre le "pointillisme procédural", supprimons donc toutes les lois françaises ; ce sera plus économique !
A quoi servent la police et la justice si , dans l’arbitraire le plus complet, un ministre méprise publiquement les lois qu’il est chargé de faire respecter ?
Que l’on respecte les personnes, évidemment, "je suis pour".
Mais, pour la énième fois, la France a-t-elle les moyens d’accueillir toute la misère du monde ?
Accessoirement, personne n’a l’air de se préoccuper des conséquences géopolitiques de telles décisions : ces Kurdes viennent de Syrie et quelques millions d’autres vivent en Turquie, deux pays dont la langue de bois officielle fait des havres de respect des droits de l’homme...Mais la cohérence n’est pas la vertu dominante de nos dirigeants.
Plus sérieusement, comment faire pour éviter la reproduction de tels drames ? En matière d’immigration clandestine, le moins que l’on puisse faire est de refuser que les clandestins bénéficient des allocations en tout genre de l’Etat-Providence. Et je ne verrais pas d’inconvénient à ce qu’on applique la méthode italienne, consistant à négocier le renvoi de tous les illégaux à Tripoli (ou ailleurs), moyennant des accords commerciaux avec Kadhafi.
Quant à l’immigration légale, l’urgence est de suspendre le regroupement familial. Après, nous pourrons parler d’intégration. En attendant, nous parlons pour ne rien dire...