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Article N° 2483

Un palmarès inquiétant. (Article Sud-Ouest du 15 janvier 2010 par Aude Boilley)

Publié le lundi 18 janvier 2010

DROGUES Selon une étude, les jeunes Picto-Charentais s’illustrent par une "surconsommation" de tabac, d’alcool et de cannabis.

"Dix-sept ans ! On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête..." Comme Rimbaud, les jeunes Picto-Charentais ne sont pas très sérieux à cet âge. Ils fument plus, s’enivrent davantage et se grillent plus de "joints" que la moyenne nationale. En un mot, ils "surconsomment". Ces constatations sont tirées d’une enquête publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Menée lors de la journée d’appel de préparation à la défense, elle porte sur 39 542 jeunes âgés de 17 ans dont 1050 Picto-Charentais interrogés en 2008.
Deux régions sont en tête du triste podium de la surconsommation d’alcool, de tabac et de cannabis : Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon. En revanche, la Lorraine et le Nord-Pas-de-Calais s’en sortent plutôt bien avec des niveaux de consommation inférieurs à la moyenne nationale.
"Il est difficile d’expliquer pourquoi le Poitou-Charentes se distingue. Cela s’analyse peut-être par un manque de manifestations qui sortent du quotidien", tente d’éclairer Daniel Marcelli, chef du service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Supea) à l’hôpital de Poitiers et chef de service à la faculté de médecine. En clair, pas de clubs sportifs d’envergure nationale ou d’événements majeurs à proposer aux jeunes, et l’ennui les ronge.

Charente-Maritime à part
Si, dans certaines régions, il y a boire un verre ou "prendre une biture" en Poitou-Charentes, la moyenne nationale est systématiquement dépassée. 12 % des jeunes affirment boire régulièrement (contre 8.9 % nationalement) et 26 % ponctuellement (contre 19.7 %) et 31 % confessent une "ivresse répétée" (contre 25.6 %).
"Les jeunes ne boivent pas plus en famille mais entre eux. Ils n’ont alors plus de barrières", estime le médecin. Leurs choix se dirigent davantage vers des prémix, ces boissons très sucrées , et vers des alcools à la mode. "Le vin et la bière sont considérer comme des alcools anciens et de prolétaires", souligne Daniel Marcelli. "Ce n’est pas l’objet de l’enquête, mais on observe également de plus en plus de jeunes, âgés de 11 ou 12 ans, qui sont ivres" ajoute-t-il.
Aucune déclinaison départementale n’a été donnée à l’étude. "Cependant, la Charente-Maritime devrait être mise à part car les habitudes sont sensiblement différentes. C’est un département côtier, ou l’on fait davantage la fête. Dans les Deux-Sèvres et la Vienne, on consomme moins d’alcool", explique le chef de service.

Les fumées de l’ennui
Les Picto-Charentais ne se contentent pas uniquement de "bocks" et de "cafés tapageurs", ils aiment les volutes des cigarettes et se distinguent encore une fois nettement du reste du territoire. 36 % d’entre eux fument quotidiennement, contre 28.9 % dans le pays.
"On fume généralement quand on s’ennuie, quand on est éloigné", explique Daniel Marcelli. A noter qu’au quotidien les filles (38 % ) se grillent davantage de cigarette que les garçons (35%). "Ce qui n’est pas sans poser de problèmes de santé publique. Les filles semblent avoir une sensibilité supérieures au cancer", poursuit le chercheur.
En revanche, la consommation de cannabis est en baisse par rapport à la dernière enquête publiée par l’OFDT en 2005. Mais il ne faut pas se laisser... enfumer, les chiffres restent au-delà de la moyenne nationale.


Article Sud-Ouest du 15 janvier 2010 par Aude Boilley




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