La Fédération des femmes du milieu maritime, réunie en assemblée générale le 28 novembre, a tenu à répondre au projet de révision de la politique commune des pêches de la Commission européenne.
L’assemblée générale de la Fédération des femmes du milieu maritime (2FM), qui s’est tenue le samedi 28 novembre à Ciboure (Pyrénées Atlantiques), a été l’occasion pour ses adhérentes de donner leurs réponses au Livre vert de la Commission européenne. Cela commence par un constat amer. L’absence du mot "femme", dans ce document préalable à la révision de la politique commune des pêches, programmée pour 2012.
Malgré une directive européenne de décembre 1986 qui instaure l’égalité de traitement entre hommes et femmes qui exercent une activité indépendante, "le statut de conjointes/partenaires collatoratrices n’est toujours pas reconnu, regrettent-elles. Nous demandons à la Commission de veiller à l’application de cette directive".
Opposées à la "privatisation de la mer", les femmes de la 2FM redoutent que la mise en place des quotas individuels transférables ait un effet négatif sur l’emploi dans les communautés de pêche. Elles s’inquiètent par ailleurs des problèmes de propriété de ces droits de pêche, s’ils sont mis en place, dans le cas d’un décès ou d’un divorce.
Si le quota est alloué au pêcheur ou au bateau, dont peu d’entre elles sont copropriétaires, ces femmes craignent de ne pouvoir faire valoir leur droit dessus. Ce type d’affaires ayant déjà été porté devant les tribunaux islandais, dont le pays pratique les quotas individuels, "nous demandons à l’Union européenne de définir un cadre législatif qui réponde à ce problème", indique la Fédération.
Harmoniser les droits des marins - La sécurité alimentaire est aussi l’une de leurs préoccupations. Elles préconisent pour cela un moratoire sur les espèces modifiées cultivées sur les littoraux européens et la mise en place d’une norme environnementale commune à l’Europe pour les fermes à poissons. Afin de limiter les importations de produits de la mer, elles souhaitent rendre obligatoire, "jusque dans les restaurants", un étiquetage où figure le bilan carbone du produit consommé.
Enfin, concernant le volet social qu’elles jugent survolé dans le Livre vert, leur souhait est que la législation des droits des marins en Europe soit harmonisée. "Tous les marins pêcheurs doivent pouvoir bénéficier d’un contrat de travail, des assurances sociales et d’un salaire minimum".
Hormis ce travail sur le Livre vert, les adhérentes de la 2FM prévoient de modifier les statuts de la fédération au début de l’année 2010. L’objectif est de faire entrer plus de métiers en lien avec la mer et ainsi bénéficier de plus de relais sur le littoral.