" Le lynchage en règle que subit Frédéric Mitterrand témoigne de la profonde décadence de notre société. Il y a fort à parier que ceux qui jettent ainsi l’opprobre ont autant, sinon plus, à se reprocher. Si l’on commence ainsi à laver notre linge sale en public, on ne va pas être déçu. Il risque d’y avoir de grosses surprises. En retournant dans la jeunesse de certains, on trouvera de quoi raconter ! Ce déballage témoigne de la profonde dégradation de notre société qui prend le chemin du flicage perpétuel. par ailleurs, combien de nos écrivains ont décrit leurs ébats amoureux accomplis dans les bras de "jeunes chairs roses " dans certains lieux clos ? Sous prétexte que ce sont des "filles" et que cela se passe en Occident, ce serait un moindre mal ? Pour moi, je souhaite la fin de la prostitution et je me bats pour que tous les êtres puissent être libres. Le carcan de la fausse vertu est la pire des choses qui soit " .
" S’il fallait que je tire une conclusion positive de la "défense" de Frédéric Mitterrand face à son accusatrice le 8 octobre sur TF1, je dirais que ce n’est pas un homme politique. Il ne sait pas mentir, les yeux dans les yeux et l’émotion dans la voix, comme le ferait le moindre candidat à un poste de maire d’une petite ville de province. Les " garçons", les " gosses", les " éphèbes", décrits avec talent dans son livre, n’étaient guère plus jeunes que lui lors de ses excursions thaïlandaises ? Fallait-il pour autant qu’il démissionnât ? J’éluderai la question par une autre question : démissionner de quoi ? A quoi sert en effet un ministre de la culture, sinon à distribuer des subventions ? "
" Quand je prends connaissance des diatribes autour du livre-confession de Mitterrand sur son tourisme sexuel auprès d’éphébes et son absolution par le pouvoir, je pense au jeune conducteur qui, il y a un certain temps, ayant affiché la vidéo du compteur de vitesse de son engin allant largement au-delà de la vitesse autorisée, fut identifié grâce à un infime détail par un policier et s’était retrouvé devant un tribunal. La Fontaine l’a dit il y a longtemps : selon que vous serez puissant ou misérable ... "
" Dans l’affaire (les affaires, devrais-je dire !) Mitterrand, ce qui frappe, c’est l’impunité de la super-classe. N’importe quel quidam aurait fait le dixième de ce qui est décrit dans ces lignes qui donnent la nausée, il aurait été jeté en cabane pour des années. Et il ne l’aurait pas volé ! Mais, sous prétexte que cet énergumène s’appelle comme un ancien président et qu’il est écrivain à succès, il a tous les droits. C’est d’ailleurs la même chose avec Polanski. Le viol d’une mineure après l’avoir droguée, ce n’est tout de même pas rien ! Fuir la justice est considéré partout dans le monde comme un facteur aggravant. Eh bien ! Pour les membres de la super-classe, les Lang, les Mitterrand, ( et qu’en est-il de Sarkozy, étrangement muet sur ce dossier ?), il va de soi que Polanski devrait être acquitté immédiatement, sans jugement, sans excuse. C’est tout juste si sa victime ne devrait pas le dédommager pour ces tracas judiciaires et peut-être pour le remercier de l’honneur qu’il a fait ! ".
Article Les 4 Vérités Hebdo N°712 du vendredi 16 octobre 2009 par Hélène Blanc, Pierre Deroche, Numa Vial et Richard Durand